Vendredi 6 octobre 2006

Les quatre jours passés dans le désert de sel et le sud Lipez ont été intenses. Après avoir laissé notre véhicule à potossi, nous prenons un bus qui suit une piste en terre jusqu’à Uyuni (6 heures de trajet). Ayant rencontré un couple de français pendant le trajet, nous décidons de partir ensemble en 4X4 pour l’excursion. Nous allons vivre 4 jours où nous en aurons plein les yeux. Le blanc du sel, les cactus de 12 mètres de haut, les geisers, les lagunes rouges, vertes ou bleu dans lesquelles il y a des centaines de flamands roses vraiment roses, les formes allucinantes des rochers… on ne sait plus où donner de la tête. Les nuits sont là pour nous rappeler que tout n’est pas qu’un conte de fée. Il fait -15 degrès dans des refuges non chauffés et sans électricité, une fois couchés. Se sortir du sac de couchage, même tout habillés avec un bonnet sur la tête pour nettoyer les vomis des filles qui ont eu le mal des montages (nous nous situons entre 4000 m et 4900 m d’altitude), ça remet les idées en place…

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Vendredi 6 octobre 2006

Nous reprenons la route sur l’altiplano, en bivouaquant au milieu de nulle part. L’arrivée à Potosi ne se fera pas sans une roue qui nous semblait crevée mais qui n’est, après verification d’experts, que dégonflée. Il aura fallu tout de même 3 personnes et deux crics pour enlever cette satanée roue ! L’arrivée à Potosi nous séduit autant qu’elle nous donne des montées d’adrénaline : les rues sont bondées, en pente et étroites ; les manœuvres et démarrages en côte sont un vrai cauchemard. Ce sera d’ailleurs fatal au camping-car, qui fera un séjour bien mérité chez le garagiste pour différents problèmes. Les visites des différents musées, églises ou couvents nous passionnent autant que les enfants. La «lavanderia » du coin voit nos 30 kilos de linges sales arrivaient pour son plus grand plaisir. Mais le clou du spectacle restera la visite des mines d’argent. C’est impressionnant et étouffant à la fois. La colline surplombant Potosi, le Cerro rico, exploitée depuis l’arrivée des espagnols, est un gruyère de tunnel noir. Il faut se tenir courbé la plupart du temps et les explosions à la dynamite font trembler la mines et nous avec. Simon, fasciné, espère jusqu’au dernier moment trouver une pépite d’argent pur !

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Mercredi 4 octobre 2006

L’arrivée à la Paz est à couper le souffle dans tout les sens du terme. La ville dégringole  de 4100 à 3300 mètres,  sous des lumières irréelles de fin de journée, dans un amphithéâtre de monts enneigés. La conduite subtile de Julien nous permet de nous glisser dans le flot de la circulation, jusqu’en bas dans les quartiers chics où  nous attend Myriam, la mère de l’incontournable Sergio. Notre premier jour est au ralenti, pour ne pas subir l’altitude. Après une ballade à la Vallée de la Lune et un petit tour à cheval où Simon manque d’être désarçonné, nous avons la chance d’assister à une fête religieuse (et très arrosée) des indiens de l’Altiplano.

Le deuxième jour est consacré aux courses et à la préparation de notre prochaine escapade vers la Salar de Uyuni, le plus grand désert de sel du monde.

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Mercredi 4 octobre 2006

160 kilomètres, ce n’est pas grand-chose. Mais c’est sans compter que nous sommes en Bolivie et il nous aura fallu pas moins de 8 heures pour arriver à Cochabamba ! Tout d’abord, il n’y a qu’une route, que tous les camions empreintent, et les travaux provoquent quelques « blocages » assez impressionnants. Nous sommes donc accueillis assez tardivement par le père de Sergio. Ces deux journées à Cochabamba nous permettent de faire un premier pallier à une altitude de 2500 mètres avant la Paz, capitale la plus haute du monde.

La route vers la Paz est divine, nous accédons enfin à l’Altiplano et à 40 km/h (prudents et fort de nos précédentes expériences)  on a le temps d’apprécier l’impressionnant dénivelé! Dans cette nature du bout du monde, notre camping-car est minuscule. Nous traversons de véritables cartes postales : marchés andins bariolés de couleurs vives, lamas, pics enneigés, chollas (petits pruneaux andins portant deux nattes et un chapeau melon :-)

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Mercredi 4 octobre 2006

Après quatre heures de route depuis Santa Cruz nous atteignons villa tunari, petite ville située à l’orée de la forêt amazonienne. Nous négocions le stationnement plus le petit déjeuner (buffet !!!) dans un super hôtel  avec piscine, terrain de foot, hamacs à gogo, le tout pour 10 euros pour nous cinq.

Cette escale nous donne l’occasion de visiter un parc fascinant où les animaux un temps apprivoisés et souvent mal traités, sont remis en liberté. Les singes à la plus grande joie de enfants nous approchent au plus près, montent sur nos têtes, fouillent dans nos poches, allant parfois jusqu’à nous mordiller…

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Mardi 12 septembre 2006

 

 

Dommage, nous avions oublié la musique d’Ennio Moriconne… A défaut de la bande originale du film Mission, nous avons eu les images. Sur les 6 missions, nous en avons visité deux : San Xavier, où nous aurions dû être il y a 7 ans pour le mariage de Sergio et Monica (mais trop de pression chez EDF…) et Concepcion. Les deux nous ont enchantées non seulement par leur église mais aussi par l’architecture du village, surtout à Concepcion et la présence de la culture des indiens chiquitanos.

Et puis il y a la nature, belle, luxuriante mais qui n'est presque plus visible de la route tant elle brûle, pour un défrichage sauvage et incontrôlé. L'atmosphère dans les missions et ses alentours n'en est presque que plus magique: brouillard, ciel blanc, odeur trés forte d'incendie, soleil rouge à peine visible malgré la chaleur. Il faudra attendre les pluies d'été pour que le ciel réapparaisse.

 

Nous avons décidé à san Xavier d’aller à une cascade dans la forêt, à une quinzaine de kilomètres de piste. Julien, dont les capacités relationnelles excellent, s’était fait prêté par un bolivien et sa femme leur 4X4. Ils ne savaient pas encore l’erreur qu’ils commettaient. La piste n’était que bosses et planches de bois, et au bout de quelques kilomètres, la voiture s’est arrêté très brutalement : nous étions coincés sur une grosse pierre, de l’eau coulait sous la voiture  et le bas de caisse était bien abîmé. Nous nous sommes évidemment dit que nous étions maudits et nous avons donné le volant au fils de 13 ans, qui nous avait accompagné ; il nous a sorti de ce tracnard adroitement. Les cascades étaient bien mais nous avions trop en tête le dessous de la voiture pour en profiter pleinement…

Les boliviens n’ont rien dit et nous ont même invité à déjeuner. Nous sommes restés jusqu’au soir chez eux.

 

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Mardi 12 septembre 2006

Pour la plupart d’entre nous, la Bolivie, c’est lac titicaca et altiplano. Pour nous, elle a commencé par Santa Cruz, capital del « oriente » et ses missions : beaucoup plus chaud, beaucoup plus vert, beaucoup moins haut. 

Après un passage de frontière étonnement facile, nos premières impressions de la Bolivie sont étranges : la route est entourée de rares villages pauvres, nous devons traverser des ponts en bois qui nous donnent la chair de poule, le pays semble plus rude que l’Argentine et nous nous demandons bien où bivouaquer puisqu’il n’y a que la route principale et un bas-côté sommaire. Finalement, nous passerons notre première nuit dans une station service.

L’arrivée à Santa Cruz est beaucoup plus chaleureuse puisque nous sommes très bien accueillis par Cynthia, la sœur de notre ami Sergio dans une superbe maison.

Nous apprenons à ses côtés à ne pas s’inquiéter de tous les conflits qui existent dans ce pays. Il est vrai que lorsque nous sommes arrivés le diesel n’était quasiment plus distribué (certaine queue pouvait aller jusqu’à 7 heures d’attente) en raison d’un marché noir fleurissant, Cynthia avait des manifestants indigènes qui campaient dans son entreprise pour montrer leur désaccord sur un marché déjà conclu , la route de Santa Cruz à Cochabamba (notre prochaine destination) était coincée sans doute par les cultivateurs de coca, la frontière Bolivie-Pérou était (et est encore) fermée pour des problèmes politiques, et des touristes étaient coincés à Coppacabana en raison des sommes trop importantes que demande l’église lors des mariages ! Je ne compte pas le problème latent entre l’est et l’ouest du pays qui ne s’apprécient pas, et le mot est faible ; les différents problèmes avec les indiens ;  la remise en cause du président et autres considérations dont nous n’avions pas connaissance en arrivant.

La Bolivie, c’est aussi tout cela et il faut l’aimer avec ses problèmes puisqu’ils font partie de son quotidien.

En attendant, nous sommes aujourd’hui à l’abri de tout cela. Les enfants, après avoir tour à tour essuyés une genre de gastro, profite de Lorenzo, le fils de Cynthia, très ouvert, de la maison et de Santa Cruz, version touristes tranquilles.

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Jeudi 7 septembre 2006

 

 

 

 

Nous avons fait une marche de 3 heures dans une forêt luxuriante dans le parc naturel de Callilega. Certes, la flore était présente mais nous devrons imaginer la faune qui y habite (puma, jaguar, toucan, …) n’ayant fait connaissance qu’avec ses innombrables moustiques et insectes piquants. Malgré le pantalon, la chemise à manche longue et le répulsif, nous en sommes encore, dix ours plus tard,  à compter nos boutons et surtout à les gratter.

 

 

 

Une pause bien méritée était nécessaire. Comme souvent, l’imprévu, le feeling nous emmène vers une sympathique halte : le camping des sources chaudes. Imaginez un week-end chez les champions du monde du camping .  Tout d’abord, pour la première fois, on se branche au courant, après avoir acheter enfin un adaptateur à Jujuy, donc lumière à gogo dans le camping-car. Deuxièmement, notre été n’a pas été jusqu’à maintenant très aquatique, nous nous plongeons avec délectation dans une eau de source chaude à plus de 40 °. Enfin, il y a les rencontres : dîner avec un couple d’argentins et leurs enfants, déjeuner du lendemain avec una grande, grande familia et un grande grande asado ( barbecue). La gentillesse des argentins est telle que c’est à chaque fois eux qui nous remercie fortement d’avoir accepté leur invitation. Nous avons quelques leçons à prendre !

Bien entendu, la touche finale des chaussende : dimanche, vers 4 heures, nous décidons de partir pour pouvoir passer la frontière bolivienne le lendemain matin mais le camping-car patinne sur une petite côte. Une famille qui déjeunait à côté retrouve sa viande couverte de poussière mais garde le sourire et nous propose son aide. Très vite, on devient l’attraction du camping, chacun donne son conseil et un camionneur décide de nous tracter avec son camion. Tout va très vite, le pare-choc arrière explose (même pas mal, ça devient habituel) et Julien intervient avant que l’avant de notre véhicule soit arrachée.

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Jeudi 7 septembre 2006

 

 

Avant de nous diriger vraiment vers la Bolivie (où les frontières sont actuellement fermées), nous avons fait un crochet par la quebrada de Humahuaca. Nous avons goûté au plaisir des sources chaudes pour la plus grande joie des enfants. Nous sommes partis le lendemain vers les Salines Grandes, premier désert de sel situé sur la cordillère des andes, pas très loin de la frontière chilienne. La route est superbe une nouvelle fois : lacets sans fin jusqu’au col à 4170 mètres, couleurs incroyables, panoramique sur le salar… Nous avons la chance de passer l’après-midi et la nuit à Purmamarca le 30 aout, jour de la fête de la sainte protectrice du village. Nous assistons aux jeux traditionnels pour les gauchos qui deviennent de plus en plus alcoolisés au fur et à mesure que les épreuves défilent (chaises musicales à cheval, concourt de rapidité pour sceller son cheval,etc).

 

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Jeudi 7 septembre 2006

 

 

Salta nous permet de réparer un certain nombre de bobos du camping-car : surélévation du véhicule grâce à la pose de suspension pour camion (un elastico), réparation de la prise de 12 V (ce n’était qu’un fusible grillé, mais Julien fait beaucoup de progrès et bientôt nous n’aurons plus besoin des services de toute la filière des garagistes argentins pour changer un fusible…) et la cerise sur le gâteau, le chauffage remarche mais nous restons perplexes sur cette dernière réparation qui ne semble pas au top. Lors du départ de chez ce dernier garagiste, une magnifique manœuvre a arraché le pare-chocs arrière de notre camping-car. L’aventure, c’est l’aventure mais Salta rit encore de notre passage ! et nous aussi .

Dernier bobo en date, trois fois rien : une odeur de brûlé sur un col à 4000 m négocié un peu vite nous a alerté sur un début d’incendie d’une protection en mousse du bas de caisse. Incendie éteint d’une main de maître par Julien (si, si, il y a du progrès) et reprise beaucoup plus douce de la conduite

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