Les voilà, il arrivent le teint pâle mais sans trop mauvaise mine. Et c’est parti pour une petite dizaine de jours avec Vince, Laetice et Marin. A peine sortis de l’avion, on les emmène directement à Rosario où nous découvrons ensemble la ville, son rio, ses moustiques diurnes que l’air chaud et humide rendent vivaces, le camping et ses sanitaires dignes de « Midnight Express ». Le temps d’une pause pour prendre des nouvelles conséquentes de la France et de nos vies, et nous remettons le cap vers le nord. La route est un peu monotone, mais entrecoupée de baignades, de promenades, d’apéritifs. Enfin, la végétation se densifie et la terre rougit : nous approchons du but. Mais avant, quelques épreuves nous attendent…
D’abord, rappelons que nous sommes désormais huit dans le même nombre de centimètres carré, alors, on se contorsionne pas mal, on s’organise, on trouve de l’espace là où on pensait qu’il n’y en avait plus. Tout va bien jusqu’à que la saisons des pluies se rappelle à nous : des rideaux d’eau tombant par averses violentes, les bivouacs sont plus qu’humides et les options parfois difficiles : rester dans un camping car transformé en sauna pendant que les enfants s’endorment ou s’abriter sous une bâche ridicule et fragile ; nous choisirons la deuxième option, au moins pour un apéro qui se prolonge en attendant l’accalmie mais on devra s’enfuir des abords du rio qui menace de déborder. Les manœuvres sont glissantes et périlleuses mais après quelques fou rires et une maîtrise du véhicule digne des plus grand cascadeurs, nous sommes sauvés des eaux !
Par valou et jules
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Comme partout, en Uruguay, il y a des coins qui respirent la « beatnik attitude ». On y vend des bracelets, il y a tout plein de rastas, comme on dit ici, « muy buenas ondas ». Les pêcheurs, les surfeurs, les touristes, tout le monde cohabitent sans trop s’énerver. Il y a aussi Cabo Polonio, un endroit sauvage et magnifique, accessible seulement en véhicule tout terrain. Plantés sur une presqu’île les cabanons ont poussés sans rue, juste la vue, comme un air de bout du monde. On pourrait s’y poser 15 jours. Simon apprend à plonger sous les vagues, Lilas s’applique au cerf volant, Valou passe du démêlage des nœuds des cheveux des filles à celui du cerf-volant, Cléo se transforme en sous-marin et Jules jogge encore et toujours.
Doucement on retourne vers l’Argentine. Cette fois, on a pris l’option bateau pour traverser le Delta à Colonia, sans doute la plus belle ville d’Uruguay avec son architecture du vieux monde. La traversée se fait sans problème, nous sommes dans les temps pour notre rendez vous avec nos bons amis les Lefas.
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Cléo ne se lasse pas des aventures de Mini Bill. Lilas se transforme tous les soirs en princesse. Simon a de nouveaux héros et héroïnes, au grès de livres qu’il dévore. La route n’exclut évidemment pas les rythmes, les rîtes. La lecture, et notamment celle du soir, en font partie. Après Harry Potter, Valérie et Simon ont attaqué les Royaumes du nord. Julien et les filles alternent en fonction des envies, Pomme d’Api, les aventures de Tom et Léa, la vie de monsieur caca (merci Laure)…Nous avons du temps et c’est un luxe de voyager avec tous ces passagers.
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Après quelques difficultés à passer la frontière pour de sombres histoires d’usine de papier polluantes et de blocage de manifestants, nous découvrons un petit joyau : l’Uruguay avec ses 400km de côtes sauvages au sud du Brésil, c’est une douceur de vivre et une tranquillité jusqu’alors inégalée dans notre voyage. Les gens sont aussi accueillants qu’en Argentine, voire davantage, la capitale Montévidéo est langoureuse et endormie, les plages de sable blanc restent ici des coins sauvages.
Fini les campings, retour à la nature : réveil devant l’océan, baignade après les devoirs des enfants. L’Uruguay c’est paisible et ça nous plait. Nous en profitons pour entamer un petit programme d’entretien musculaire : abdos fessiers, pompes, étirements. Il est vrai que les danseurs et danseuses nous avaient quelques peu énervés.
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Sur la route de l’Uruguay, on « pose nos valises » d’abord à Zarate, où nous avions fait escale il y a six mois, puis à Gualeguaychù pour assister au plus célèbre carnaval d’Argentine. On nous conseille un camping familial plus tranquille à 14 km. En fait, le nec plus ultra de « la camping attitude ». Surchargé au cœur de l’été, fort en décibels, au bord du rio Uruguay et son eau à 35°. On y reste deux nuits et fuyons le samedi après midi pour éviter la fièvre.
Nous sommes cependant victimes consentantes d’une autre fièvre, celle du carnaval. Des grandes et jolies filles, toute en fesses, longues jambes et plumes, des danseurs sculptés à faire pâlir les meilleurs coachs…c’est la joie, l’alegria Dou carnaval, de la samba et des rythmes brésiliens qui s’entendent déjà au nord de Buenos Aires. LA, LAAAA, la la la la la la la laaaa….On en profite et les enfants adorent. La fête terminée, on reprend la route, direction l’Uruguay.
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Comme une boucle qui se ferme, six mois après, nous retrouvons Buenos Aires, la grande capitale du sud. Déjà en août malgré le froid nous avions aimé cette ville et perçu sa belle énergie. Aujourd’hui nous confirmons : Buenos Aires nous semble magique. Ici, c’est l’été sur un air de tango. Nous flânons dans les différents quartiers de la Boca, de Palermo, de San Telmo …Chaque fois, nous sommes aspirés par l’atmosphère des lieux. Vivre dans une ville, nous avions oubliés comme c’était bon, et puis il y a le métro, le bus auquel on ne comprend rien et finalement le taxi qui nous ramène chez nous.
Nous avons suivi les conseils de Guillaume et Carolina Huet et atterri chez leurs amis Gaby et Batata qui ont ouvert depuis six mois une pension-hôtel. Nous nous sentons comme chez nous. C’est un peu l’auberge espagnole. Gaby, Batata, Rafa… et tous les résidents sont adorables. Ils nous conseillent sur la ville, s’occupent des enfants, organisent des fêtes. Notre aventure familiale les touche, ils s’en réjouissent comme beaucoup de sud américains.
Notre séjour à Buenos Aires est aussi l’occasion de retrouver Claude et Erika, nos amis suisses qui avaient vogués avec nous, depuis la France, sur le Bateau Grande San Paolo. Les enfants leur sautent dans les bras, ils viennent nous rejoindre dans l’auberge espagnole, on va ensemble écouter un concert de Tango et en bon routard on ouvre des cartes et on échange des plans…
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« La marche de l’empereur », « Sauvez Willy » et « Bip Bip contre le coyote » dans une seule et même production : « Les animaux du bout du monde »
Tout cela est bon, même pour Cléo qui sans trop hurler passe avec nous quelques heures au milieu d’une colonie de 100 000 pingouins, à suivre leurs allers-retours dodelinant entre la mère nourricière et leurs petits. Nous sommes maintenant incollables sur les phoques, cormorans, lions et autres éléphants de mer. Certains sont actifs et vifs, d’autres comme les éléphants de mer ont une propension hallucinante à rester inertes sur la plage, ressemblant en cela, et en cela seulement, à quelques naïades connues de corse ou d’ailleurs. Et puis il y a ces deux journées d’attente au nord de la péninsule de Valdès, pour voir l’attaque des grands orques. L’attente du prédateur nous excite. Ils se régalent de lions de mer et viennent parfois les croquer jusque sur la plage. Quatre femelles passent à table au moment où, de notre côté, nous avons rejoint le camping-car pour nous aussi manger ! Triste synchronisation, dommage.
Il paraît que les animaux ont un effet positif sur les enfants. Certes, cependant malgré l’exotisme, nous continuons à tenir bon face aux demandes régulières des enfants d’avoir un hamster, un chat ou un canari à notre retour. Nos amies les bêtes sont tellement belles en liberté, quand on n’a pas à s’en occuper.
Par valou et jules
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Eh oui, depuis maintenant deux semaines, les vacances d’été ont commencé, et avec elles les plages se sont remplies et les campings aussi !
Fini le temps des campings déserts où les quelques personnes que nous croisions étaient des voyageurs autochtones ou étrangers ; fini la certitude d’avoir de la place sans se poser de questions.
Entre les nombreuses nuits passées en camping sauvages, des stops camping s’imposent pour faire les pleins d’eau, recharger les appareils, et surtout prendre des douches et faire la lessive. Mais là, évidemment, ce n’est plus pareil. Après s’être trouver un petit coin à peu près tranquille, une famille s’installe juste à côté de nous, avec comme premier réflexe, brancher sur le courant le transistor et mettre non pas une belle musique argentine, ce qui aurait eu un certain charme mais de la musique des années 80 (depeche mode, flashdance,…) ou de la techno. Deuxième réflexe : sortir les bières ; d’accord, ça arrive à d’autres mais là …c’est différent : les regards ne sont pas aimables et les enfants sont très bruyants jusqu’à une heure avancée dans la nuit. Et puis, il y a la queue pour les douches, il faut viser la meilleure heure, la queue pour la vaisselle, etc…
Bien sur, ne n’est pas toujours la même chose, il y a de douces soirées à la guitare, de jolie rencontres ou quelques campings où nous retrouvons la sensation d’être en camping sauvage avec le confort de l’électricité en plus.
Allez, courage, plus que 6 semaines de bain de foule et pour la première et dernière fois sans doute nous énoncerons ce souhait : vivement la fin des vacances d’été !
Par valou et jules
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Nous n’arrivions pas à nous décider alors…Nous avons hésité à vous soumettre par vote le choix de notre destinée : Ushuaia ou pas Ushuaia ? Mais finalement, le froid et le vent ont choisi pour nous. Alors tant pis pour Nicolas Hulot, tant pis pour la photo prise al fin del mundo. Comment vouloir descendre à l’extrême sud alors que déjà les rafales de vent s’attaquent à ns hublots de toit et tente de les arracher ? Les paysages restent éblouissants mais les portes doivent s’ouvrir avec prudence pour n’être pas emportées, doivent se refermer immédiatement pour ne pas voir de petits doigts coincés, les enfants ne peuvent pas entrer ni sortir à leur guise, la vie se fait dans le camping-car et non dehors (repas, jeux,…). Alors, pourquoi insister ? Le 31 décembre, passé dans une réserve avec nos amis les lions de mer et un arc en ciel de toute beauté, restera mémorable. Après une mauvaise nuit à entendre le vent souffler et secouer le camping-car, la pluie est venue s’ajouter et le risque de s’embourber nous a fait reprendre la route sans attendre le petit-déjeuner. C’est bien d’être seuls, mais parfois on se sent seuls…
Arrivée à Puerto Julian, ville connue pour ses nombreux dauphins, nous n’avons pas pu sortir tellement le vent était fort, c’était la goutte d’eau ! Nous avons filé sans nous arrêter jusqu’à que le temps nous semble plus clément. Nous sommes arrivés dans une petite station balnéaire avec du soleil, peu de vent, juste à l’heure de l’apéro, que nous avons savouré avec délice…
Près de là, dans une vallée désertique, du bois pétrifié par le temps, vous croyez voir des troncs d’arbres mais non, il s’agit bel et bien de pierre. Impressionnant, on a besoin de toucher pour y croire.
Par valou et jules
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De retour à El Calafate, un dernier apéro au vin blanc et foie gras apporté de France, devant nous le lac Argentino avec un groupe de chevaux conduit d’une main de maître par un gaucho, une lumière ocre…Cette carte postale magnifique est là pour nous rappeler que toute chose a une fin. Et c’est avec un pincement au cœur à peine dissimulé que nous quittons les parents, ravis de tous ces moments passés ensemble.
Nous rejoignons notre camping et internet aidant, la famille rencontrée à Salta en aout dernier, arrive. Changement d’ambiance, on parle camping-car, panne, pneu crevé, fissure dans le réservoir, batterie, le même langage, quoi !
Les journées se suivent avec pour Charles et Julien un petit programme de réparation où Charles, ingénieur de formation, est maître d’œuvre. On retrouvera là un principe de base de Jules « quand on ne sait pas, il faut savoir s’entourer ». Le soir, un verre à la main, nous nous moquons de nous même, discutons de la France, du voyage, du passé et de l’avenir et les filles, sans trop de pitié déblatèrent sur le bricolage incertain de ces messieurs.
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