Lundi 7 mai 2007

On quitte tristement Laure qui s’envole retrouver ses élèves et voter. Il nous reste une petite semaine pour tourner une page : le départ du camping-car (rangement, nettoyage, tri et sélection des affaires) et la poursuite du voyage en bus. Les démarches administratives sont inévitablement compliquées et un peu crispantes, même avec l’aide d’un intermédiaire grassement payé. Le camping-car doit partir le 2 puis et 28 mai, finalement le 4, mais le 7, il n’est toujours pas parti… Les rendez-vous sont annulés, reportés. Bon gré mal gré le camping-car arrive en zone d’embarquement le 27 avril dans l’attente d’un départ imminent !

 

Nous profitons de cette transition pour louer 4 jours un petit studio à Copacabana, en même temps que nos amis les Bazaille (lesderoutes.com) et parfaire avec eux notre visite de Rio :Feria hippie, jardim botanico, footing matinal sur Copacabana et surtout, nous n’oublions pas de monter là haut, aux pieds du christ, où la vue est réellement époustouflante.

 

Au paradis des corps et du look , Valérie joue à la fille d’Ipanema lors d’une épilation mémorable (ses jambes en sont encore meurtries), Julien à saga africa avec une nouvelle coupe rasta.

 

Pour les aux revoirs, on organise avec les déroutés un pique-nique haute gamme un soir sur la plage, avec table basse, pagnes brésiliens en guise de fauteuil, bières fraîches et montagne de sushis. Pchitt, on ouvre les bières, ploc ploc ploc un orage imprévisible et intense nous contraint au repli précipité vers notre studio, à 9 dont 5 enfants bien trempés !

 

Nous quittons le lendemain Rio sans camping-car, une page de notre voyage est tournée.

 

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Lundi 7 mai 2007

 

Une île de pirates, de criques et de sommets, sans voiture et toute préservée, on ne pouvait que s’y arrêter. Après un contrôle de police un peu rock’n roll à 2 heures de mat, avec mise en joue et grosse mitraillette (mauvaise interprétation des consignes et forçage du barrage…) nous laissons le camping-car chez l’habitant et embarquons le matin pour deux heures de traversée vers Ilha grande et son atmosphère paradisiaque.

 

Nous atterrissons dans une « poussada » (hôtel) plus que tranquille. Un grand espace de vie, ouvert et hyper confortable, dans la végétation surplombant la baie : hamacs, grands, canapés, barbecue et cuisine à disposition…

 

L’île est traversée par des sentiers escarpés propices aux ballades. En plus de trois heures dans une forêt de bambous, nous atteignons la plage de Lopez Mendez, présentée comme l’une des plus belles du Brésil. C’est vrai qu’elle n’est pas vilaine et on commence à s’y connaître ! Retour en bateau, soleil couchant avec musique reggae, c’est tellement cool qu’on se prend à la descente du bateau une petite caïpi sur la plage. Les enfants jouent avec d’énormes crabes, nous on reprend une deuxième petite caïpi (en fait elles sont énormes et extrêmement dangereuses, surtout la deuxième qui fait basculer vers la troisième…). Il est 10 heures du soir, les enfants commencent à avoir faim, nous, on est très très bien …

 

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Vendredi 4 mai 2007

Retrouvailles pour Laure et reretrouvailles pour nous avec Eric et Marisa sur l’île d’Ilha Bella, un peu au nord de Santos. Ils nous accueillent dans un petit chalet bordé d‘un jardin et d’une piscine pour la grande joie des enfants. Nous délaissons donc le camping-car pendant ces quelques jours. Il nous servira uniquement de dortoir. Nous profitons du jardin pour cacher avec un peu de retard les oeufs de pâques dans la végétation tropicale et motivons les enfants à vite les trouver avant qu’ils ne fondent. Séance discussion pour les uns, essai de chicong pour les autres, on se prélasse dans ce lieu agréable avant de partir à la conquête de l’île. Le nord de l’île est magnifique mais nos sourires sont quelque peu altérés par une attaque massive et incessante de burachudos, petites bêtes noires qui sucent le sang. Nous ne refusons tout de même pas la caipirinhia qui nous tend les bras mais nous revenons de cette excursion avec des pieds et des chevilles qui ont triplé de volume et une obsédante envie de se gratter partout où ces sales bêtes ont sévi. Nos corps sont marqués par cette île alors autant achever le travail des burachudos et nous marquer définitivement : tatouage retravaillé pour Jules, oreilles percés pour Valérie et trou supplémentaire dans l’oreille gauche de Laure. Nous sommes tous un peu souffreteux mais très contents !

 

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Vendredi 4 mai 2007

Dans un bon timing, nous descendons la belle costa verde jusqu’à Parati, ville coloniale de bord de mer qui n’a rien à envier au Minas Gerais.

 

Trois jours de vie tranquille, au rythme de cette petite ville de pêcheur. Ballade, jogging, , poisson frais au barbecue ou en ceviche, et surtout première caipirinhia ensemble au bord de l’eau…Nous rencontrons un véritable Averell Dalton, avec un menton qui n’en finit pas qui nous emmène dans son bateau de pêche pour une excursion dans les îles aux alentours.

 

Les enfants profitent de ces vacances sans devoir et assaillent leur tante. C’est à celui qui l’accaparera le plus longtemps. Cléo ne met pas longtemps à vaincre sa timidité (de plus en plus relative) et fait sa place tranquillement. Le temps qu’il nous reste ensemble, nous discutons de nous, des élections de plus en plus proches et de tant d’autres choses.

 

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Lundi 23 avril 2007

 

Après avoir récupéré Laure à 5h du mat, on se catapulte directement dans les hauteurs de Rio au  Pao de azucar (pain de sucre), où nous savourons tranquillement la joie des retrouvailles devant une vue imprenable. La langueur des premiers jours se partage entre bain de soleil, et visite de quartiers de Rio. On fête Pâques à Santa Teresa avec une délicieuse feijoada, plat traditionnel, qui nous plombe pour la fin d’après-midi et rend difficile le retour en sprint sous une averse tropicale.

 

Nous partageons avec Laure les joies de la vie au camping de Rio : ballade en vélo, baignades, morrey, spectacles des nombreux surfeurs, aller-retour au village à proximité, jogging sur le front de mer,…

 

 

 

 

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Jeudi 5 avril 2007

Une fois le « dossier rapatriement » du camping-car engagé et en attendant Laure qui doit nous retrouver à Rio, on met les voiles en direction de la région du Minas Gerais. Nous retrouvons les sensations oubliées de l’altitude en parcourant des routes sinueuses et débordantes de végétation tropicale.

 

Les villes coloniales d’Ouro Preto, de Congonhas de Mariana sont le résultat de l’extraction de l’or des montagnes. Les rues pavées, étroites et escarpées (interdites au camping-car !) sont charmantes, débordantes de couleurs et de fraîcheur. Ouro Preto où nous séjournons plus longuement n’a pas moins de 23 églises, méritant presque toutes le détour.

 

Dans notre ballade, nous plongeons à 120 mètres sous terre dans la mine principale, grâce à un petit chariot bringuebalant retenu par un filin, ambiance Indiana Jones, à la plus grande joie des enfants. Un peu moins drôle pour les enfants, mais tout aussi intéressant, nous visitons beaucoup d’églises et faisons la connaissance de l’œuvre du sculpteur l’Aleijadinho, qui malgré une maladie dégénérescente qui le priva de ses doigts, sculptait des merveilles.  Enfin, on se déchaîne gentiment sur l’artisanat local en pensant bien malgré nous à notre retour à  Paris et à la déco de notre bon vieux home sweet home.

 

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Jeudi 5 avril 2007

Le Brésil est un paradis sur terre mais pas pour tout le monde. Le niveau de pauvreté engendre violences et vols. Ce n’est pourtant pas le premier pays que nous traversons où la pauvreté sévit. Mais c’est certainement le premier où les différences de niveau de vie sont si importantes.

 

On aimerait ne profiter que des bonnes choses mais les rencontres du quotidien nous ramènent à la réalité. Il ne se passe pas 3 jours sans que nous ayons des avertissements alarmants tant par nos amis qui nous conseillent de ne faire confiance à personne à Rio et de tenir fermement les enfants (ce conseil sera réitéré par la gérante du camping de Rio) que par les brésiliens eux-mêmes. D’autres amis nous informent que si notre pneu éclate sur certaines routes de Rio, il ne faut absolument pas s’arrêter, il s’agit d’un piège pour braquer les voitures ! Mais il y a aussi les voyageurs qui nous invitent à ne jamais dormir en dehors des campings et des stations services. Hier encore, nous rencontrons un français travaillant dans une ambassade. Nous lui exprimions cette gêne de voyager avec une épée de Damoclès sur la tête alors que tout se passe bien. Loin de nous réconforter, il nous dit que le danger est réel et nous supplie de faire attention en nous racontant quelques anecdotes croustillantes. En guise d’au revoir, il nous précise « Ici, la vie na pas la même valeur que chez nous, elle ne vaut quelquefois pas plus que 45 euros »…Charmant !

 

Avec toutes ses recommandations en tête, n’oublions pas que le Brésil c’est aussi et surtout les vacances, des visages souriants, l’accueil, le soleil, la mer chaude et des paysages à nous couper le souffle. Et puis, on s’y sent bien.

 

Alors tudo bem mais en faisant attention. Attention à notre sécurité mais attention aussi à ne pas tomber dans la psychose de la peur permanente….

 

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Mardi 27 mars 2007

 

On le savait, notre tranquillité de bord de mer serait interrompue par une parenthèse urbaine. Notre inquiétude grandissait au fur et à mesure de l’approche de cette mégalopole de 18 millions d’habitants, et de la lecture des guides recommandant de ne pas conduire dans Sao Paulo (d’autant plus en camping-car !).

 

Nous n’imaginions pas en fait être si idéalement accueillis. D’abord Eric, un copain de Portigliolo et Marisa, son épouse brésilienne, dans la banlieue de Sao Paulo. Après une autoroute quasi sur pilotis, incroyable, qui monte à travers une végétation dense, nous nous posons en douceur grâce aux indications précises d’Eric. Leur quartier tranquille nous permet de garer notre camping-car pendant tout notre séjour à Sao Paulo. Ils prennent très vite à cœur nos soucis administratifs pour le futur départ en bateau de notre camping-car (on découvre, là, la complexité des démarches au Brésil avec pourquoi pas au passage un peu de corruption. A suivre, l’affaire est loin d’être finie !). Outre ces réconforts matériels, c’est aussi la joie des retrouvailles, un accueil chaleureux, des soirées tardives qui commencent à la caïpirinia et finissent… à la caïpirinia. Les enfants font connaissances avec leurs filles, Maya et Louma, aussi belles l’une que l’autre. Le seul et unique hic : on est un peu loin de Sao Paulo pour arpenter la ville dans tous les sens.

 

Mais comment faire plus simple ? Fred et Sylvie Junck (cousin Marchal) nous accueillent à leur tour, en plein cœur de la ville pour passer quelques jours avec eux dans une maison superbe avec piscine. Après un déjeuner dominical où nous nous retrouvons tous les six avec nos progénitures respectives, ils nous prennent en main avec un naturel et une gentillesse qui nous donnent l’impression que nous les connaissons depuis toujours. Du matin au soir, on se promène du quartier japonais à la cathédrale, du marché aux fleurs à une exposition sur le corps humain, du MASP (musée des arts de Sao paulo) à la pinacothèque, en passant par le marché municipal. Là encore, leurs enfants, Lucas et Alexia, plus grands, sont dignes des parents en ouvrant des horizons nouveaux à Simon, Lilas et Cléo.

 

De la ville, nous retiendrons que certes, c’est grand, même très grand mais de nombreux quartiers faits de maisons ou d’immeubles bas donnent des respirations à Sao paulo. La vie culturelle et gastronomique y est riche. Jamais nous ne nous sommes sentis en insécurité dans ce mélange de modernisme et délabrement architecturale, de blonds et de noirs, de quartiers branchés ou populaires, c’est sans doute que nous nous y sentions bien. Alors, à voir ou à éviter ? Tout dépend de qui vous y accueille !

 

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Samedi 17 mars 2007

Tudo Bem, tudo Azul, tout va bien, tout est bleu. Bienvenu au Brésil, le paradis pour la famille Chaussende, fan de plage, parmi les fans de plages.

 

 

 

Deux journées de route depuis Iguazu  et deux nuits dans des stations services plutôt glamour, ce qui ne manque pas d’originalité, pour rejoindre la côte. La route est sinueuse, nous sommes dans les « alpes Brésiliennes » pas loin de son sommet qui culmine à 1300 mètres d’altitude. Le nombre incalculable de camions et la chaussée défoncée rend la progression difficile. Malgré cela, nous touchons au but : la terre sainte, la côte Brésilienne.

 

 

 

Nous passons cinq jours sur l’Ile de Santa Catarina et prenons nos marques : déjeuner de fruits sucrés et délicieux, achat de morrey pour les enfants (petite planche de surf où l’on s’allonge), restau de poissons,  bains plus que fréquents… Tudo Bem, tudo azul, bienvenu au Brésil.

 

 

 

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Vendredi 9 mars 2007

Ambiance De Niro dans les missions jésuites. La capeline de Vince nous rappelle que nous ne sommes jamais à l’abri d‘une averse. Bravant tous les risques de pluie, nous pénétrons dans les missions de san Ignacio. Valou et Laetice qui entament leur quatrième jour de bavardage non-stop font ici une pause culturelle. Jules en profite pour s’inclure dans la discussion, mais ce sera juste le temps de la visite. La terre d’un rouge intense, le vert vif de la végétation, la couleur de la pierre et la lumière du soleil dans un ciel gris de post-orage donne à ce site historique une ambiance magique.

 

Mais rien, non rien de rien (il parait que la môme Piaf est actuellement à la mode) nous préparait au spectacle des chutes d’Iguazu. Tous les points de vue sont plus beaux les uns que les autres. Ce qui fait qu’au bout de quatre heures de marches, nous en étions environ à la 500 ème photos, toujours persuadés que la dernière sera la meilleure. Bon, on se serait bien passé de la musique d’Ennio Moricone et des gazouillis pré-enregistrés d’oiseaux dans le petit train d’accès aux chutes, on se serait presque cru pendant cette ½ heure à eurodisney. Quoique la sortie en zodiac sous les chutes valent largement un spacemontain, avec une bonne douche en prime.

 

Notre court séjour brésilien nous permet de retrouver les chutes (re 500 photos) et de se promener dans le parque dos Aves (parc aux oiseaux), où les enfants, tels des chiens fous, vont de papillons en oiseaux et d’oiseaux en papillons, dans une course effrénée. On a bien essayé de les suivre mais les 40 degrés et l’humidité de l’air nous ont vite terrassés.

Dans un ciel perturbé et orageux, avec un avion retardé, le café renversé sur la jupe blanche de Laetice, nous avons quitté Vince suant à l’avance à l’idée de prendre l’avion dans es conditions, Laetice dans un short que Valou avait acquis dans les années 80 (l’occasion était trop belle de s’en débarrasser sans le jeter, le gène Lebrec ayant encore frappé) et Marin, en bonne forme, trop occupé à manger sa glace pour s’émouvoir de ces aux revoirs.

 

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