Samedi 23 juin 2007

Dernier bain, dernier petit dej, dernier transport en collectivo, dernier apéro, dernier jogging sur la plage, dernière caïpi, dernière cigarette, dernier baiser, dernier dîner… on s’allège de nos derniers livres et nos anti-moustiques, dernier tudo bem, dernière coco, dernière nuit, dernier bouclage de sac, derniers Reals dépensés, dernier backgammon du soir…ça s’arrête très bientôt et on commence à penser très sérieusement au retour, DEMAIN !!!!

Bahia est la première ville sud-américaine que nos pieds ont foulée en arrivant en bateau. Elle sera la dernière. La boucle est bouclée. Nous nous sommes donné les moyens de réaliser un rêve et nous avons réussi. Nous sommes fiers.Ce rêve a été possible aussi grâce à de solides arrières : les parents Balbaud, assurant la gestion de notre foutoir administratif, nos oublis, nos besoins urgents de pièces détachées, nos problèmes de cartes bleus, la récupération du camping-car et j’en passe…Maintenant, il faut reconstruire, repenser différemment, sans ce projet qui tournait dans nos têtes depuis cinq ans. Il appartient désormais au passé mais il a laissé des traces, nous a enseigné beaucoup, et c’est déjà pas mal…

Et puis il y a la joie des retrouvailles, alors rendez-vous à vous tous, fidèles et moins fidèles lecteurs, mardi prochain à 19h00 au bar Urbi et Orbi (93 rue de Montmarte).

Par valou et jules - Publié dans : famillechaussende
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Jeudi 21 juin 2007

 

Avant d’aller à Salvador de Bahia, nous programmons un arrêt de transition avec un plus de confort : Praia Do Forte. Nous sommes rodés, un tour en vespa-taxi nous permet de choisir exactement ce dont on a envie : la location d’un loft dans un condominium (lotissement gardé) tranquille, à deux pas de la plage et pas trop près du centre ville, trop bruyant.

Tout le confort, et notamment la première douche avec eau chaude et savon sera jouissif. Après sept jours sans, on avait oublié que c’était si bon !

On s’installe là pour cinq jours. Le soir, ce sont des parties de jacquet et backgammon à rebondissement, Jules apprend même la crapette lente, mais il est vraiment très lent.

Nous profitons un peu de la plage, des piscines naturelles dont ils vantent la beauté, mais elle ne souffrent pas la comparaison avec celles de Porto da rua.

A Praia do Forte, il y a aussi de nombreuses tortues de mer que le projet Tamar protège. Ici et là, sur la plage, on peut d’ailleurs voir de petits bâtons plantés dans le sable, qui nous indiquent que des œufs sont enterrés à cet endroit. Malheureusement, on loupe une fois de plus les baleines qui viennent avec leur petit devant cette plage à partir du 15 juillet.

On retrouve aussi des boutiques touristiques ou branchées et on en profite pour acheter les huitième et neuvième bikinis brésiliens, la dix-septième paire de claquette et le onzième paréo, au cas où…

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Jeudi 21 juin 2007

Notre descente vers Salvador nous conduit à Maceio, banale station balnéaire. Notre prochaine étape, Mangue Seco, nous a été recommandée par des voyageurs belges. Les meilleurs plans s’échangent en cours de route. Mangue Secco, de l’autre côté du fleuve devrait disparaître d’ici une vingtaine d’années, recouverte par une grosse dune qui avance. L’atmosphère est agréable mais les prix sont assez chers et surtout, on ne trouve pas d’hébergement avec cuisine. On part assez vite rendre visite à Massimo, un Italien que nous avons croisé à l’embarcadère et qui nous a parlé de sa pousada «Pura vida » seule face à l’océan. Massimo après 60 pays traversés s’est arrêté à Coqueiro (cocotier). En fait de pousada, il  a construit sur la plage, isolé de tout, une maison en bois et quatre cabanons.

Le sable comme revêtement de sol, une lampe à pétrole pour la nuit, un toit en feuilles de palmiers, le coup de foudre est immédiat. Du vent, de la pluie, du sable, la douche au puit, le tout au rythme du soleil. Nous vivons pleinement cet instant magique. Lors de nos longues promenades sur la plage, nous devenons de redoutables chasseurs de crabes, que nous mangeons ensuite. La plupart du temps, les enfants disparaissent dans les dunes. Tout est tranquille: poisson, riz, haricots, poisson, riz….une douce monotonie. On se laisse aller avec   les enfants à la contemplation des constellations. Simon, l’aventurier, dort une nuit à la belle étoile sur son hamac. Les souvenirs de  cette année incroyable resurgissent au grès de nos discussions ou de nos méditations.

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Jeudi 21 juin 2007

 

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Vendredi 15 juin 2007

C’est une petite maison, deux palmiers penchés, comme un cliché, la sépare de la mer : Porto da Rua, dix jours en un clin d’œil.

Des heures de lecture, de mots fléchés devant la mer entre deux trois pompes ou un jogging (même Valou s’y met et part maintenant courir toute seule). Tous les jours, on part à l’aventure sur « l’Ile ». On prend des dizaines de bains depuis le saut du lit. Andréa, une charmante brésilienne, s’occupe de tout pour 10 Reals par jours (3 euros), du poisson à la coco, au jus de maracuja (fruit de la passion) en passant par le linge, la couture ou le ménage…. Le luxe tranquille, l’hôtel à la maison. Le tourisme n’a ici pas encore explosé, c’est étonnant, car sans conteste c’est hormis Portigliolo la plus belle plage qu’on ait jamais vue ! Quand la mer se retire, des piscines naturelles apparaissent, les couleurs sont spectaculaires, il n’y a personne, c’est l’hiver à 30° dans l’eau comme dans l’air. En plus,  Cocoman, l’Homme à tout faire du coin nous descend les cocos. Toujours une au frigo, d’un coup de machette on se régale. Pourquoi ne pas rester ici encore dix jours. Il faut pourtant bien partir un jour pour, on l’espère, d’autres lieux aussi merveilleux. A l’heure du départ, on en doute sérieusement.

 

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Vendredi 1 juin 2007

Les vols intérieurs sont décidemment moins chers que les longs trajets en bus. D’un saut d’avion, nous nous retrouvons donc à Olinda.

 

La légende raconte que « oh linda ! » (Que c’est beau !) fut le cri poussé par un portugais en arrivant, au XVI siècle, dans ce petit village. Peu importe la véracité du propos, il est indiscutable qu’Olinda a du charme.

 

Hésitation sur le choix d’une pousada, on dort une nuit dans une première trop bruyante à notre goût et pas assez chaleureuse. On trouve finalement un logement qui nous ravit, aux tons chauds, au personnel accueillant, avec piscine et cuisine à disposition, ce qui nous arrange pour notre budget.

 

Les petites maisons d’Olinda, peintes de couleurs vives, ses rues sinueuses et escarpées, ses nombreuses églises baroques et ses ateliers d’artistes nous poussent à flâner avec plaisir des heures durant.

 

Le temps d’une visite dans une magnifique église et c’est l’accident. Cléo, prise d’une « turista » soudaine et violente, laisse une franche traînée derrière elle. Culotte, robe et chaussure sont déjà condamnées. Mais que faire pour le sol de l’église ? Déjà quelques visiteurs marchent dessus et multiplient les traces laissées. Nous n’avons rien sous la main… Alors, avec une réelle honte, nous nous éclipsons.

 

Nous passons 5 jours dans cette ville qui sera le point le plus au nord de notre périple, dont une journée à Recife. Beaucoup plus importante que sa voisine, Recife nous laisse perplexes. On tournicote dans cette ville envahie d’immeubles haut perchés, sale, grise, où la pauvreté est partout, pour repartir sans traîner vers notre havre de paix : Olinda.

 

 

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Lundi 28 mai 2007

Comme un clin d’œil, il est là juste à nos pieds, le Grande San Paulo, notre navire, celui qui il y a dix mois nous a amenés vers l’aventure. Bien rangé le long du quai de Salvador de Bahia, il offre son pont aux grues qui déchargent les containers. C’est drôle de le voir et nous sommes aussi émus que les enfants.

 

Après avoir passé quelques heures pour retirer les billets de retour et pour prolonger notre droit de séjour au Brésil, nous approfondissons la capitale afro-brésilienne. Nous assistons avec les enfants, ce qui semble être exceptionnel, à une cérémonie de Candomblé. Les participants de ce rite sont visités par des esprits, entrent en transe, poussent des cris, nous enlacent… Nous sommes heureux, perplexes et respectueux. Le centre historique de Salvador est une carte postale musicale. Des écoles de percussions sillonnent les rues, des airs de samba ou de bossa nova s’échappent des bars. Lilas et Cléo ne peuvent s’empêcher de tourbillonner sur les pavés irréguliers de la vieille ville coloniale. C’est charmant, sauf que la musique continue aussi la nuit. Notre petite poussada est en face d’un bar, alors à deux heures du matin, au diable les découvertes musicales et vive les boules Quiès.

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Jeudi 24 mai 2007

Bien sûr, en une année  nous avons changé, comme tout le monde d’ailleurs. Mais le voyage a apporté sa contribution à des évolutions qui n’aurait pas forcément eu lieu.

 

D’abord, les enfants. Cléo, propre la nuit dès octobre, n’a accepté de quitter sa couche la nuit qu’à l’unique condition d’avoir une chemise de nuit (elle n’avait que des pyjamas). Ça promet ! Elle réussit maintenant à ne pas grimper en haut de nos têtes (dans les bras, ça ne suffit pas) en hurlant quand elle voit un chien ou un chat à deux kilomètres. Elle attend qu’ils soient à 500 mètres. C’est encourageant…Très autonome, elle gère sa petite vie tout seule : s’habiller, manger, se coucher avec Doudou qui ne traîne jamais très loin.

 

Lilas a appris à nager, à faire du vélo. Elle lit très correctement et écrit. Elle plonge parfaitement sous les rouleaux de la mer, sans aucune crainte, même quand c’est impressionnant. Elle sait repérer de loin les boutiques d’artisanat, nous y entraîne et dit d’un air implorant : « ça me ferait tellement plaisir de rapporter ce souvenir ».

 

Quant à Simon, ses « premiers pas » en surf ont commencé sur les plages de Rio, rien que ça ! Il est définitivement décidé à faire de la capoera en rentrant à Paris depuis qu’il a assisté à un cours. Son pantalon de capoera ne le quitte plus de jour comme de nuit. Tous les arguments sont bons : le soir : « comme ça, les moustiques ne me piquent pas les jambes la nuits ; sur la plage : « mon maillots de bain est trop lourds et me gène », pour les trajets : « comme ça, il y aura plus de place dans mon sac », et la journée, en pleine chaleur, c’est forcément mieux d’être en pantalon ! Il s’entraîne consciencieusement à faire les mouvements appris, à l’heure de mettre le couvert ou d’étudier son français.

 

Puis, il y a nous. Jules qui s’est fait des dread locks de rasta. Cette coiffure aux apparences négligées demande en fait un entretien et un travail de tout instant : paraffine, cire d’abeille,… Cléo aimerait jouer avec « la pâte à modeler » que son papa a sur la tête et Lilas a déclaré en voyant Jules arriver la première fois avec ses dreads : « Mais pourquoi tu t’es mis  en hippy ? ».  Cette coiffure ne passera sans doute pas l’Atlantique, trop de boulot !

 

Valérie a appris, après un grand travail sur elle-même, à ne pas se changer de tee-shirt tous les jours et à ne pas changer intégralement les filles sur le même rythme. Les sacs sont allégés. Elle sait aussi supporter les douches froides, recoudre et ranger quotidiennement plutôt que tous les 15 jours.

 

 

Voilà pour quelques changements mais il y en a bien d’autres plus ou moins perceptibles et d’autres encore se feront sentir plus tard, bien plus tard. Des liens forts se sont créés entre nous. On a appris à mieux se connaître, on a appris la liberté, la contemplation. A nous de faire mûrir tout cela pour l’enrichir dans notre future ancienne vie parisienne…

 

 

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Mercredi 23 mai 2007

Trente heures pour un voyage, en bateau, en taxi ou en bus, en passant par les gares routières des villes qui défilent : Rio, Vitoria, Eunapolis et enfin Porto Seguro. Un dernier bac et nous arrivons à Arraial de Ajuda, notre destination. Nous louons le premier étage d’une maison familiale sur la place du village. Trois chambres, deux salles de bain, cuisine, un grand living et l’incontournable terrasse hamac, le tout pour 20 euros la nuit. Notre première intention est de nous installer dans un cyber café pour connaître le nom du nouveau Président Français!

 

 

Nous avons la chance d’être logés chez les princes de la capoeira. Trois frères qui rayonnent de la force tranquille de ceux qui pratiquent un art martial à un haut niveau. Ils donnent avec leurs élèves des représentations sur la place du village, invitent Simon et Lilas à leur cours pour enfants, chantent le soir sous la terrasse, au rythme du berimbau des chansons qui ont l’air de raconter des histoires.

 

 

Ajuda est connue pour son ambiance bohème, ses plages et ces boutiques un peu branchées, ça nous convient assez. On parvient tout de même à s’extraire du cocon pour visiter Trancoso, un petit village sympathique et surtout  Porto Seguro,  première terre brésilienne foulée par les  portugais.

 

 

Au sud de l’état de Bahia, une semaine made in capoeira, plus tranquille, difficile.

 

 

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Vendredi 11 mai 2007

9 mois de camping-car, et puis c’est l’expulsion !  C’est peut-être mieux comme cela. Il nous a rendu de fiers services, nous donnant la plus grande liberté en sillonnant quelque 30 000 kilomètres de routes et pistes. Pour Julien, en tout cas, c’est un peu le soulagement. Le costume de skipper a été parfois un peu lourd et bien stressant. Alors bye bye le camping-car.

 

Il est bon aussi de prendre un bus et de se laisser conduire. On oublie les voyants de batteries, les jauges d’essence, la pression des pneus…Maintenant c’est gare routière, itinéraires programmés et haltes plus longues. C’est un rythme différent qui nous convient aussi. Pour oublier notre maison sur roue, nous décidons d’une retraite spirituelle à Ilha Grande , l’île sans voiture. Le lieu nous est connu et déjà largement apprécié. En plus, nous avions négocié avec le propriétaire la location de la merveilleuse petite cabane au fond du jardin. On profite encore plus des ballades, des cascades, des hamacs et des pluies qui annoncent ici l’hiver proche. Les nuits désormais tombent vite, vers 18 heures, alors les devoirs des enfants sont maintenant programmés le soir. On passe ici nos premières journées à ne rien faire, ni bricolage, ni nettoyage (juste le nécessaire) pas de visite, c’est bon.

 

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